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Le Journal

Ro-biraki et Kuchikiri : pourquoi novembre marque le « Nouvel An du thé » au Japon

En novembre, deux gestes ouvrent la saison froide du thé au Japon : la remise en service du foyer et l’ouverture de la jarre où repose la récolte du printemps.

Illustration d’une jarre en grès et d’une branche de camélia blanc dans un vase.

En novembre, dans les salles de thé japonaises, le changement de saison se lit à deux endroits : au ras des tatamis, où l’on rouvre le foyer, et sur le col d’une jarre de grès, dont on défait le sceau. Ces deux gestes ont un nom, ro-biraki et kuchikiri. L’un change la manière de chauffer l’eau. L’autre donne accès au thé de la nouvelle récolte.

Ro-biraki, quand la bouilloire descend au niveau des tatamis

Pendant la saison chaude, on chauffe l’eau sur un brasero portatif, le furo. Au début de la saison froide, on ouvre le ro, un foyer encastré dans le sol de la salle de thé. La bouilloire prend alors place au-dessus des braises, dans cette ouverture aménagée au niveau des tatamis. C’est ce passage au foyer d’hiver que désigne ro-biraki (炉開き).

Le déplacement de la bouilloire change aussi les gestes de la personne qui prépare le thé. Les manuels d’Urasenke distinguent, par exemple, la préparation du thé épais avec le brasero d’été et celle avec le foyer d’hiver. Dans un récit de cours publié par la même école, les élèves expliquent qu’ils utilisent le furo toute l’année. Le changement de foyer appartient à la tradition du chanoyu et sa mise en pratique dépend du lieu et de la rencontre.

Kuchikiri, le moment d’ouvrir la jarre

Kuchikiri (口切り) désigne l’ouverture du sceau de la jarre à thé, le chatsubo (茶壺). Les feuilles récoltées au printemps y sont conservées jusqu’à l’automne. Le thé dit « nouveau » en novembre est donc celui de la récolte de l’année, cueillie plusieurs mois plus tôt.

La jarre et la petite boîte laquée que l’on voit parfois près du bol ont des rôles différents. Le chatsubo conserve les feuilles. Le natsume, lui, présente le matcha en poudre pour la préparation du thé léger. On peut retrouver cet objet dans notre article consacré au natsume.

Un Nouvel An qui suit la saison du thé

L’école Omotesenke situe le début de l’année du thé au début de novembre, au moment où l’on remet le foyer en service et où l’on commence à utiliser le thé de la nouvelle récolte. « Nouvel An du thé » est une expression propre à cet univers. Il s’agit d’un rendez-vous de saison, sans date nationale unique.

Un détail permet de reconnaître ce moment jusque dans le décor : le camélia. Omotesenke le cite parmi les fleurs typiques des premières réunions de la saison du foyer. Une branche fleurie dans un vase suffit à faire entrer un peu de l’hiver dans la pièce, au moment même où l’eau recommence à chauffer dans le sol.

À lire aussi dans le Journal : Chanoyu, la cérémonie japonaise du thé.

Sources : Urasenke, notes de cours sur l’ouverture du foyer et ressources pédagogiques ; Omotesenke, calendrier du chanoyu et fleurs de la salle de thé.

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